MEPRISE......
Au rayon des légumes, vous étiez derrière moi,
Me semblant hésiter entre carottes et pois;
Vous sentiez la lavande: vous me serriez de près,
Je me suis donc enfuie vers le parfum des prés
Que promettaient les poudres aux rayons des lessives;
Vous étiez à l'affût,déjà sur l'autre rive,
Tripotant les croquettes et les amuses-gueule
Dont on gave nos chiens pour qu'ils se sentent moins seuls.
Avec votre faciès de marlou suffisant,
J'ai vraiment craint le pire, oui j'ai cru un instant,
Que vous tyrannisiez un chat ou un poisson,
Mais vous avez saisi au rayon des poisons
Un piège gobe-fourmis et autres parasites
Pendant que j'attrapais un sachet d'anti-mites;
Vous m'avez demandé si c'était efficace,
Je vous ai répondu froidement à voix basse
Un "oui" sec et cinglant pour enfin couper court,
Je ne vais pas au marché pour qu'on me fasse la cour;
Et mon air excédé a mis un point final
A cette pitoyable tentative de mâle.
Roulant vers mes yaourts et mon fromage de brie,
J'ai retrouvé l'odeur de lavande fleuries;
C'était très surprenant: nous n'étions qu'en Janvier
Et les déodorants étaient forts éloignés;
Je vous ai vu alors tout près de mon caddy
Jettant sur mon alliance un regard interdit.
Je vous ai cru bon prince de reconnaitre enfin,
Que tout votre manège avait tourné pour rien.
Débarrassée de vous, horrible prétentieux,
(comment avez-vous pu convoiter mes yeux bleus ?)
J'me suis sentie bien seule après une heure de queue:
Opérant un transfert que le meilleur psychiatre
N'aurait osé décrire sans se faire combattre.....................
..................Vous vous étiez enfui avec ma carte bleue !