A N O R E X I E
Quand elle voit, à quinze ans, de prétendus adultes
Avoir peur de pleurer et de ne vouer de culte
Qu'a l'argent, au plaisir, au volume des seins
Oblitérant l'amour de Dieu, de son prochain
Quand elle trouve, à quinze ans, l'exsistence odieuse,
qu'elle commence à traiter sa mère de tricheuse
Pour lui avoir vanté, voulant la préserver,
La beauté d'une vie qui ne fait plus réver,
Quand elle crut judicieux d'échanger son "vieux"père
Contre un oncle éloigné, fringant quadragénaire,
Qui lui tendit la main avec perversité,
Putréfiant sa candeur de gestes éhontés,
Quand on nomme caprice, lubie, ingratitude
L'allergie à sa vie, sa fruste inaptitude
A faire semblant d'aimer le goût de l'exsistence,
Inexperte en grimmaces et en feintes jouissance,
Comme pour s'alléger du poids de la souffrance,
Elle décide, un beau jour, de ne plus se nourrir,
Elle meurt à petit feu s'en s'entendre mourir.
Et si on lui promet du bonheur sur la terre:
"Vraiment n'insistez plus, je n'ai rien à en faire à moins qu'un ange vienne, si Dieu ne me condamne, remettre en synergie mon corps avec mon âme; il saurait me prouver qu'on a besoin de moi, en ce monde étranger où se perdit ma foi et je découvrirais la saveur de la vie, me délectant des mets qu'autrefois j'ai vomis"
"Accorde nous du temps pour percer le mystére, des nausées de ta vie, du trouble alimentaire, au bout du long tunnel: une portion de jour, elle est toute pour toi, ne fais pas demi-tour,accroche toi, résiste à ta drogue "Abstinence", de ton dernier voyage repousse l'échéance,plus que quelques kilos, plus que quelques bouchées, ....te décoder vivante, au néant t'arracher"